mardi 27 février 2018

Risotto d'encornets à l'encre de seiche
















Pour 4 personnes

Ingrédient:
  • 1 encornet par personne (en fonction de sa taille). demander à votre poissonnier de les nettoyer. Les laisser entier.



Pour votre risotto:
  • 320 g de riz à risotto (le riz le plus apprécié provient de la région du Piémont. Variétés Maratelli, Arborio, Curti).
  • Huile d'olive.
  • 20 cl  de vin blanc.
  • Encre de seiche (chez votre poissonnier. 4 petites poches soit environ 4 g).
Pour votre fumet de poisson:
  • 3 parures différentes de poisons maigres (sole, saint-pierre, dorade...).
  • Un bouquet garni (voir rubrique bases et astuces culinaires).
  • 2 carottes.
  • 1 oignon.
  • 2 échalotes.
  • 10 cl de vin blanc.
  • Queues de champignon (facultatif).
  • Gros sel.
  • Beurre.

Réalisation de votre plats


Préparer votre fumet de poisson:
  • Oter les têtes des poissons puis rincer les arrêtes sous l'eau (enlever les caillots de sang). Concasser les arrêtes en plusieurs morceaux.
  • Préparer les légumes, émincer finement les échalotes et l'oignon, tailler les carottes en mirepoix, confectionner un bouquet garni.
  • Faire fondre le beurre dans un grand faitout puis faire suer les échalotes et l'oignon.
  • Déglacer au vin blanc.
  • Ajouter les carottes, vos morceaux de parures et les arrêtes.
  • Mouiller avec de l'eau froide (environ deux litres), saler, ajouter le bouquet garni.
  • Porter à ébullition et laisser frémir pendant environ deux minutes à feu doux. Ecumer de temps en temps.
  • En fin de cuisson, enlever les parures puis passer le fumet au chinois étamine en foulant à l'aide d'un pochon (petite louche).
  • Réserver.
Préparer vos encornets:
  • Découper les ailerons.
  • Ouvrir le manteau en deux (corps de l'encornet); découper deux ou trois bandes de chair dans le sens de la hauteur. Avec un couteau très aiguisé tailler légèrement la chair (sans la découper).


Marquer votre risotto en cuisson


Votre risotto:
  • Faire chauffer l'huile d'olive dans une cocotte, verser le riz, l'enrober d'huile d'olive et le faire nacrer en le remuant.
  • Déglacer au vin blanc, le remuer en laissant s'évaporer l'alcool.
  • Mouiller progressivement le riz avec le fumet de poisson sur un feux doux, remuer souvent pour qu'il n'accroche pas et qu'il absorbe le fumet.
  • Compter environ 20 à 25 minutes de cuisson. Vérifier la cuisson, rectifier l'assaisonnement si nécessaire.
Vos encornets:
  • Faire chauffer du beurre clarifier dans une poêle.
  • Les faire sauter. Saler, poivrer.
Dresser.

jeudi 25 janvier 2018

La truffe... de Bourgogne

Nettoyage des truffes
10h30, dimanche 29 novembre 2015: la clarine retentit à Noyers-sur-Serein, dans le département de l'Yonne en Bourgogne, pour annoncer officiellement l'ouverture de la vente des truffes de Bourgogne.


La jolie cité médiévale devient pour quelques heures le carrefour des amateurs de ce champignon si convoité.  Des dizaines de personnes se précipitent sur les étals odorants, autour des récolteurs venus de l'Yonne et de la Côte d'or: véritable ruée vers l'or... pour quelques grammes du précieux diamant noir! Il faut être rapide et agile car en moins de 20 minutes l'ensemble de la production a changé de mains.






La foule attend fébrilement devant les étals

Côté marché:

L'année 2015 a été particulièrement fragilisée par la sécheresse de l'été ce qui se traduit par une flambée des cours: on frôle les 800 € le kilo! A Noyers il  y a eu à peine 4 kg de truffes à vendre contre 60 à 70 kg en temps normal; à Nevers 3,5 kg; à Vézelay 4 kg également; quant aux marchés de Clamecy et Avallon ils ont été purement et simplement annulés!

Côté produits:


Truffe de Bourgogne
Seules trois espèces de truffes ont de réelles qualités gustatives: la Tuber Melanosporum, appelée truffe noire du Périgord, la Tuber Magnatum appelée truffe blanche et enfin la tuber Uncinatum appelée truffe de Bourgogne. Cette dernière est reconnaissable à sa couleur chocolat à l'extérieur et ses veines blanches à l'intérieur. Sa saveur de noisette la différencie de la Melanosporum qui est plus forte en goût et plus fruitée. Ce champignon se développe particulièrement autour des arbres tels que le noisetier, le charme, le pin noir d'Autriche... Il arrive à maturité entre mi-septembre et fin janvier, Sa récolte est soumise à une réglementation stricte et régie par des arrêtés préfectoraux. Elle ne peut se faire sans l'aide d'un animal, en général un chien, qui, quelle que soit sa race, doit avant tout être dressé pour cela.

Comment choisir une truffe?


Truffes de Bourgogne
Dans toutes les catégories, indépendamment des dispositions particulières prévues pour chaque catégorie et des tolérances admises, les truffes (récoltées en plantation à vocation truffière et provenant du milieu naturel) doivent :
  • être entières, c'est à dire des truffes (récoltées en plantation à vocation truffière et provenant du milieu naturel) dont l’ascocarpe (corps) est entier, indemne de toute cassure et coupure; une légère coupure superficielle n'est pas considérée comme un défaut;
  • avoir l'odeur, la saveur et la couleur caractéristiques de l'espèce;
  • avoir une maturité suffisante, telle que les truffes répondent aux exigences commerciales au lieu de destination;
  • être fermes au toucher;
  • être propres, brossées ou lavées sans traces de terre;
  • être exemptes de parasites et de matières étrangères;
  • être exemptes de pourriture et d'altérations par le gel;
  • être exemptes d'humidité extérieure anormale;
  • avoir une masse supérieure ou égale à 5 grammes.

En cuisine

La truffe est un produit fin et délicat, il faut donc éviter de la faire cuire trop longtemps. Vous pouvez l'utiliser crue, la faire infuser, parfumer des produits comme les œufs (il suffit de les placer  24 à 48 heures dans un récipient hermétique avec votre truffes), les volailles, le foie gras, les poissons, les viandes, les fromages. N'hésitez pas à les associer avec des corps gras (huile neutre, beurre, crème, lait): ceux-ci fixent  le parfum de la truffe d'un manière optimale.

Si vous n'avez pas d'idées pour réaliser un plat avec de la truffe ou si vous avez des doutes quant à son utilisation pour un plat, rendez-vous sur le site du syndicat des producteurs de truffes de Bourgogne, rubrique cuisine, vous aurez l'eau à la bouche!

Les principaux marchés de truffes en Bourgogne:
Les dates peuvent varier d'une année sur l'autre, vous pourrez les trouver sur le site du syndicat des producteurs de truffes de Bourgogne.
  • Noyers-sur-Serein (89): le premier et dernier dimanche de novembre
  • Avallon (89): novembre
  • Nevers (58): octobre
  • Vézelay (89): novembre
  • Clamecy (89): décembre  


Monsieur Terrier et son chien truffier
Bilbo
 

Crédits photos:
Syndicat des producteurs de truffes de Bourgogne
Sylvestre d'Allens
Fabrice Mayer

Remerciements à Monsieur Patrice d'Arfeuille - Président du Syndicat des Producteurs de Truffes de Bourgogne.




jeudi 18 janvier 2018

Tartine. A la recherche du pain perdu; histoire d'une passion


Eric Delagarde
A l’heure où le pain industriel s’installe inexorablement dans les superettes, voire dans les boulangeries dites traditionnelles, et où les farines font pâle figure, il y a encore des passionnés qui veulent redonner leur titre de noblesse au pain.

C’est le cas d’Éric Delagarde et de son associé, Pierre-André Ségura. L’histoire commence avec Eric Delagarde. Après une formation en boulangerie et en pâtisserie, cet épicurien, fils de boulanger, débute son aventure en famille puis ouvre sa première boulangerie à Issy-les-Moulineaux. A cette période, il engage Pierre-André Segura comme responsable du point de vente ; ce dernier deviendra son associé.

A la croisée des chemins, Éric rencontre Michel Carole Patin, meunier pas comme les autres, qui va lui donner une nouvelle vision de son métier. Ce personnage hors normes, électron libre de la paysannerie, a pour sacerdoce de redonner aux céréales leurs goûts originels.

Ce passionné produit ses propres céréales bio à l’ancienne (sans gluten modifié, pas de gluten hybride, sans rajout de gluten…) dans le strict respect des méthodes traditionnelles, laissant ses terres en jachère, éliminant les parasites et les mauvaises herbes par des moyens naturels. En retour, la terre lui offre ce qu’elle a de meilleur. La suite se passe sous la meule. Pas question d’écraser grossièrement les graines de céréales, ces dernières doivent être traitées avec délicatesse. Pas de gros rendement : 9 kilos de farine à l’heure là où les industriels sont à environ 5 tonnes toutes les 3 heures ! La raison, me direz-vous ? Obtenir un produit final qui conserve toutes ses vitamines, ses minéraux et ses valeurs nutritionnelles.

Ce fou de l’agriculture haut de gamme va renvoyer nos deux professionnels sur les bancs de l’école pour réapprendre à produire du vrai pain à l’ancienne.

Il y a deux ans, Eric et Pierre-André créent leur propre laboratoire à Cormeilles-en-Parisis et passent cinq mois en recherche et développement. Tous les process de production sont modifiés : plus de pétrissage en machine, des temps de fermentation plus longs, pas de mélange, utilisation de très peu de levain naturel pour être sur le goût originel de la céréale. L’eau est totalement purifiée au laboratoire, la quantité de sel est réduite à 10 g au kilo (contre 18 à 20 g en moyenne ailleurs). Ces mois de travail, d’essais, d’évaluations ont été couronnés de succès par l’obtention d’une qualité de pains de très haut niveau.  Chacun d’eux se déguste comme un bon vin en utilisant nos trois sens : le visuel, l’odorat et le goût. Ils vous laisseront en bouche une nouvelle saveur, celle du vrai pain avec du caractère. Les pains sont issus de cinq farines spécifiques :

·        La farine de sarrasin, céréale cultivée sur le plateau de Sault dans les Pyrénées. Saveur du pain : légèrement amer avec des notes de noisette et de noix. Accords : charcuteries, crudités, fruits de mer.

·        La farine de seigle, céréale cultivée dans les Pyrénées sur le plateau de Cerdagne. Saveur du pain : à la fois acidulé et épicé. Accords : produits de la mer, fromages crémeux, miel.

·        La farine de Khorasan, céréale cultivée dans le Minervois. Saveur du pain : légèrement sucré, notes de noisettes. Accords : fromages, confitures, miel.

·        Le blé de meule, céréale cultivée à Plantaurel dans les petites Pyrénées. Saveur du pain : notes douces et fruitées. Accords : tous les mets.

·        Le petit épeautre, céréale cultivée sur le plateau de Sault en Provence au pied du Mont Ventoux. Saveur du pain : goût franc, notes de miel et de caramel. Accords : charcuteries, confitures, miel.

Au départ, nos deux pionniers ne fournissaient que les professionnels et plus particulièrement les restaurants étoilés, mais Eric et Pierre-André ont ouvert récemment une nouvelle boulangerie. Pour tous ceux et celles qui veulent redécouvrir le pain d’antan et bien d’autres gourmandises du même acabit, il est grand temps de courir chez Tartine. Un détour par la rue d’Amsterdam s’impose. Laissez-vous guidez par toute l’équipe qui, si vous avez un peu de temps, vous racontera cette quête d’une recherche savante pour retrouver le goût d’un pain perdu et retrouvé ! Vous pouvez même y faire une pause déjeuner.




Tartine. 54 rue d’Amsterdam 75009 Paris

www.tartine-graines-créateurs.fr


Sur Facebook : /Tartine par graines de créateurs
Sur Instagram : @tartinepargdc







lundi 11 décembre 2017

Laiterie Gilbert, laissez vous guider par Ludivine


Ludivine Passicos
Amateurs de vrais fromages vous avez toutes les raisons de faire un détour par le 1 rue de Vintimille, dans le 9 ème arrondissement de Paris.

Après dix années passées en hôtellerie-restauration, Ludivine Passicos abandonne tout pour s’exiler un an en Australie.

 Cette passionnée du made in France agroalimentaire a très vite constaté, d’une part, que le fromage lui manquait, d’autre part, que cette denrée française demeurait un des produits phares qui engendre, à l’étranger, un vif engouement.





De retour de son périple et après mûre réflexion, Ludivine, a ouvert en septembre dernier, en partenariat avec la Laiterie Gilbert*, sa propre fromagerie.

Vous y trouverez environ, quatre-vingts sortes de fromages tous issus de producteurs, de coopératives, de fermes… estampillés pour certains par une A.O.P ou une I.G.P (signes de qualité et d’origine délivrés par l’Union Européenne).

Si vous lui demandez quels sont ses coups de cœur elle vous parlera entre autres de son fromage de Langres mais attention pas n’importe lequel, le dernier fermier ! Et pour l’avoir goûté je vous le confirme c’est un plaisir en bouche. Egalement sur sa liste le persillé de Tignes, fromage de Savoie au lait cru de chèvre détenant une A.O.P. Elle n’oubliera pas de vous présenter son beaufort.
Laisser-vous guider et faites lui confiance, elle saura avec tout son enthousiasme et ses connaissances vous conseillez, vous orientez par rapport à vos goûts.

Si l’envie vous prenait de faire une raclette partie vous n’avez qu’à passer votre commande, elle vous préparera tout et ira jusqu’à vous prêter le matériel ad hoc.


Pourquoi ne pas lorgner vers la charcuterie haut de gamme, de la viande des Grisons, le saucisson italien… car notre jeune laitière en connaît aussi un rayon dans ce domaine. Et puis pour la touche finale de jolis vins sont aussi à découvrir.

*La Laiterie Gilbert est une entreprise grenobloise créée en 1948 par la famille du même nom.

Rachetée en 2012 par Messieurs Cédric Garna et Christophe Chaperon qui ont su garder les valeurs de l’entreprise basées sur la valorisation du terroir local, privilégiant les acteurs locaux (coopératives, fermes, producteurs…).

 Laiterie Gilbert
1, rue de Vintimille

75009 Paris

Tel : 09 86 52 70 45

jeudi 11 août 2016

Les légumes et les fruits de Sadia : tout en bioté.


Sadia est née en Grande Kabylie, à Tizi Ouzou. Toute petite, elle est tombée dans les plantes sauvages comestibles comme Obelix dans le chaudron magique. A l’heure du goûter, elle boude les gâteaux dont raffolent les enfants et leur préfère les mûres sauvages, les figues, les tendres fèves fraîches, les herbes aromatiques. Ainsi débute l’histoire d’une passion. Dans le sillage maternel, elle goûte, apprend, comprend vite ce que l’on peut faire avec une terre fertile et des graines. Lorsqu’elle perd, très jeune, sa maman qui lui a tout appris des plantes de son pays, elle prend le relais. La transmission des savoirs est assurée.
Courgettes



Sadia sait tant de choses à l’âge où l’on s’amuse souvent autrement ! Comment on cultive chaque plante, comment on les protège, comment on travaille et soigne chaque espèce, comment on les récolte, comment on leur parle. Tout ce qui est dans les champs est son domaine. L’adolescente passionnée de biologie prépare ensuite un bac scientifique. Plus tard, dès son arrivée en France en 1996, c’est le coup de foudre pour un village du Val d’Oise, à vingt minutes de Paris. L’aventure démarre. Aujourd’hui, dans le potager de Sadia d’où est strictement banni le moindre produit chimique, poussent des carottes, des pommes de terre, des navets, des tomates de différentes espèces, des courgettes et cucurbitacées en tous genres, des petits pois, des haricots, des herbes aux fragrances délicates, des oignons, des betteraves, de la rhubarbe….

Il est presque impossible de tout énumérer tant la nature est merveilleuse sur cette terre riche et fertile ! Sadia vit au rythme des saisons : hors de question de perturber l’ordre naturel. « Ca pousse, je mange, ça ne pousse pas, je ne mange pas ! J’attends la bonne saison » dit-elle. Et d’ajouter : « C’est la nature qui fait son choix, c’est comme ça que l’on retrouve le vrai goût des légumes et des fruits. » Puisse-t-on l’entendre fort ! Notre passionnée arrive à acclimater des graines et des racines étrangères qu’elle rapporte de sa Kabylie natale ou d’autres voyages. Ainsi trouve-t-on chez elle une plante nommée « thaghdiwth » en kabyle, ou chardon, qui accompagne délicieusement le couscous.

Les fruits ne sont pas en reste, qui partagent avec les légumes et les herbes les faveurs de notre maraîchère : des figuiers encore jeunes donnent des fruits charnus et goûteux, les mûres s’en donnent à cœur joie dans un camaïeu de rouges et violets, prunes, cerises, fraises, poires, pommes mûrissent au gré des saisons. Sadia veille.

Dire qu’elle a les pouces verts est une belle évidence. Alors, quelle que soit la couleur des nôtres, n’hésitons pas à lui donner un coup de…. pouce !

Valérie Denarnaud - Mayer

Thaghdiwith

Vous pouvez la contacter sur sa boîte mail : tanison75@gmx.fr

mercredi 13 avril 2016

Bourgogne gourmande : une palette de fromages.

Arômes de fruits, de noisette, de champignons, de sous-bois, de bouquets, de fruits secs. Arômes persistants en bouche, éventail de sensations. Non, il ne s’agit pas de grands crus. En Bourgogne, les vins ne sont pas les seuls à avoir gagné des lettres de noblesse : d’autres délices locales ravissent les palais les plus exigeants. Presque une trentaine de fromages composent un plateau aux noms charmants et aux saveurs inimitables et Brillat-Savarin, célèbre gastronome français, avait ô combien raison d’affirmer dans sa Physiologie du goût (1825) : « Un repas sans fromage est une belle à qui il manque un œil. » Si les stars -  l’époisses, le brillat-savarin, le chaource, le mâconnais ou le soumaintrain de l’Yonne - se taillent la part du lion et brillent au firmament de notre culture olfactive et gustative, elles n’ont aucune raison d’éclipser le bouton de culotte, l’ami du Chambertin, le trappiste de Cîteaux, le cendré de Vergy, la Pierre-qui-vire, le petit creux, le trou du cru, le dôme des Belles-Fontaines, le palet de Bourgogne, le Saint-Florentin, le charolais et autres boule aux herbes, tomme des moines grise et rouge, clacbitou, trinquelin, paillé, rond pis ou lardu…. Avant de passer à table, une petite mise en bouche s’impose : plongeons-nous dans l’histoire parfois séculaire de ces noms poétiques, indissociables des terroirs de l’ancien fastueux duché de Bourgogne.

C’est à l’orée du XVIème siècle que débute notre balade fromagère, dans le petit village d’Epoisses. Une communauté de moines cisterciens s’y établit, créant un fromage dont le secret de fabrication n’aurait été transmis que deux siècles plus tard, lorsque les religieux quittèrent les lieux, aux paysannes de la vallée. Un héritage précieux que ces dernières eurent à cœur de perpétuer dans les fermes de l’Auxois, fixant et améliorant savoir-faire et qualité de fabrication d’un produit d’exception que l’on dégustait déjà à la cour de Louis XIV. Au début du XIXème siècle, l’activité fromagère propre à la région d’Epoisses est attestée, le fromage s’exporte à Paris, sa renommée n’est plus à faire. Lorsque, au Congrès de Vienne en 1815, Talleyrand organise un concours avec quarante-neuf fromages européens, l’époisses est classé deuxième, derrière le brie. Brillat-Savarin le consacre « roi des fromages » tandis que le New York Times, en 1924, parle d’un « almost unknown cheese, the very king of cheeses – the cheese of Poisse.  » Hélas, la seconde guerre mondiale eut raison de la production grandissante d’un délice dont la fabrication complexe requérait main d’œuvre qualifiée et temps. Les femmes délaissent cette activité, les nouvelles générations ne la reprennent pas, la fabrication de l’époisses à la ferme décline et disparaît dans les années 1950. Au même moment, un couple d’agriculteurs vole à la rescousse de ce fromage du passé, en relance la production et redore son blason : le « roi des fromages », dont la reconnaissance officielle eut lieu en 1991 par l’obtention d’une AOC, trône à nouveau en majesté sur les plateaux du monde entier. Quel est donc son fabuleux secret de fabrication quasiment inchangé depuis cinq siècles ? Tout d’abord le lait utilisé : seules certaines vaches, autour des solides fermes bourguignonnes, ont la délicate mission de fournir un lait gras et fleuri qui dès son arrivée - entier bien sûr - à la fromagerie, est monté en température dans des cuves afin de subir une légère maturation puis l’emprésurage. Celui-ci entraîne une coagulation lente, lactique, qui dure entre seize et vingt-quatre heures. On obtient ainsi le caillé, fragile, que l’on tranche pour le mettre à égoutter dans des moules perforés d’où s’échappe librement le petit lait. Après quarante-huit heures d’égouttage naturel et deux fois retourné, le fromage est démoulé, salé, posé sur des claies pour sécher et enfin conduit dans des caves d’affinage. Chaque fromage est alors lavé une à trois fois par semaine, avec une eau progressivement enrichie au marc de Bourgogne. Ces soins attentifs durent entre quatre et huit semaines : un affinage sans hâte qui permet l’épanouissement des arômes et des saveurs, ainsi que la belle robe variant de l’ivoire orangé au rouge brique selon le degré de maturité. A vos cuillers ! La pâte beige claire, souple et onctueuse est prête à être dégustée. Un chassagne-montrachet lui sied à merveille. Napoléon, lui, l’aimait avec un vin de Chambertin.



Epoisse
© Syndicat de défense de l'époisse
L’époisses partage volontiers son plateau, même avec ses prédécesseurs. Remontons donc plus avant dans le temps. Lui aussi fromage à pâte molle et croûte fleurie fabriqué exclusivement avec du lait de vache entier, lui aussi porteur du nom d’un village, entre Bourgogne et Champagne, le chaource est connu dès le XIIème siècle : les religieux de l’abbaye de Pontigny se seraient penchés sur son berceau et l’évêque de Langres s’en régalait. Au début du XIVème siècle, Marguerite de Bourgogne, épouse de Louis X le Hutin, l’exigeait à sa table et son beau frère, Charles IV le Bel, se le fit présenter lors de son passage à Chaource. Et au XIXème, ce cylindre plat à la croûte blanche et duvetée, à l’odeur légère de champignon et de crème, à la pâte onctueuse aux arômes de noisette, a acquis sa notoriété sur les principales places françaises.

Le soumaintrain, qui porte le nom d’un village de l’Yonne,  peut également se targuer d’une origine médiévale, bien que les premières traces certifiées de sa fabrication remontent à 1631 (versement de la dîme à l’abbaye de Pontigny) : en 1117, les moines cisterciens s’acquittaient du fermage de leurs terres avec ce fromage à pâte molle et à croûte lavée de couleur jaune paille à ocre foncé. Il n’est pas affiné à l’alcool, mais sa pâte fine à l’amertume noble et aux saveurs de noisette et de sous-bois se marie harmonieusement avec un irancy.

Place aux nouveau-nés du siècle dernier : récents, oui, mais non moins forts en bouche ! Fromage puissant, né en 1950 sur la côte dijonnaise, l’ami du Chambertin est fabriqué selon un savoir-faire inspiré de celui des moines et des fermières d’antan, en laiterie artisanale, au lait cru de vaches de la région. Affiné plus de quatre semaines en cave avec lavages à l’eau et au Marc de Bourgogne, ce cousin de l’époisses porte haut les couleurs de sa robe d’or.

Créé dès 1890 en Seine-Maritime sous le nom d’Excelsior, notre brillat-savarin est ainsi renommé en 1930 par Henri Androuët en hommage au célèbre gastronome Jean Anthelme Brillat-Savarin. Sa production se déplace alors de Normandie en Bourgogne où il est affiné depuis plus d’un demi-siècle. Fromage à pâte molle et croûte fleurie, au lait de vache enrichi en crème, dodu, replet et sans complexe de poids, il aime les réjouissances et boude les régimes tristes. Son onctueuse pâte blanche est fruitée, un peu acide, et libère en bouche des arômes de beurre, de champignon et de noisette.

Plus confidentielle, toujours au lait crû entier de vache, la  pierre-qui-vire est fabriquée depuis 1980 par les moines de l’abbaye bénédictine de Sainte Marie de la Pierre-qui-Vire au sud de l’Yonne. L’abbaye de Cîteaux n’est pas en reste, dont les moines élaborent depuis 1925 le trappiste de Cîteaux. Et que diriez-vous d’un cendré de Vergy ?

Mais laissons là la vache ! Dès le XVIème siècle, fermiers, métayers et viticulteurs élevèrent sur les prés communaux, les herbages des larges chemins ou les prairies intercalées entre les côtes viticoles, la « vache du pauvre », utilisant le lait cru de leurs chèvres pour en fabriquer des fromages, se constituant une alimentation substantielle et un revenu. Naissent au fil des siècles le charolais, le mâconnais, le bouton de culotte, le dôme des Belles Fontaines, le marcigny, le racotin, le poiset au marc… qui ravissent encore nos papilles. Alors, encore un Bouton de culotte sur le velours d’un Nuits-Saint-Georges ou le satin blanc d’un Chablis ?
 
Article de Valérie Denarnaud - Mayer paru dans la revue L’éléphant n° 14, avril 2016
www.lelephant-larevue.fr
 


Fromage de Langres
http://www.tourisme-langres.com © Angélique Roze
 









Périodes de consommation idéale:
  • l'Epoisse de mai à octobre mais aussi d'avril à décembre.
  • Le Langres de mai à août mais aussi de mars à décembre.
  • Le Soumaintrain de mai à octobre mais aussi d'avril à décembre.
  • Le Brillat-Savarin d'avril à octobre mais aussi de mars à octobre.
  • Le Chaourse de juillet à octobre mais aussi de janvier à octobre.
  • Le Charolais de mai à août mais aussi de mars à décembre.
  • Le  bouton de culotte de juillet à octobre mais aussi de juin à novembre.    

dimanche 31 janvier 2016

La caverne d'Ali Baba de la confiserie

Pain d'épice
Les amateurs de confiseries doivent absolument faire escale A l’Etoile d’Or, lieu mythique, connu dans le monde entier tant pour ses produits que pour sa créatrice.

Suite à une explosion de gaz il y a près de deux ans, la caverne d’Ali Baba de la gourmandise a bien failli disparaître à jamais. C'est ne pas connaître l’incroyable et unique Denise Acabo! Après une période de découragement - on le serait à moins - Denise, loin de baisser les bras, a finalement décidé de se battre pour redonner vie à sa passion et pour continuer à nous la faire partager. Quelle joie!

Denise Acabo
Du haut des ses 80 printemps, avec ses deux nattes et sa jupe écossaise, Denise est une institution à elle seule. Quand elle vous raconte l’histoire de chaque sucrerie, chaque chocolat, chaque nougat, chacune des mille douceurs de ses étagères, elle vous tutoie, passe de l’argot aux phrases les plus raffinées, vous emmène à travers la France que, depuis plus de 46 ans, elle sillonne pour dénicher des perles rares. Et des plus surprenantes. Quand vous pénétrez dans son royaume, vous redevenez un enfant et rêvez de tout goûter, de tout croquer, sans limites. Et Denise parle, vous faisant voyager, et vos papilles s'affolent, vos sens sont en émoi.





Ici, tous les produits contenant de la lécithine, des émulsifiants, des colorants ou autres bizarreries chimiques sont totalement bannis. Des marques d’antan aux produits contemporains, vous trouverez de quoi assouvir vos instincts de gourmand.

Le Négus de Nevers (Maison Grelier), les confiseries Lilloises du P’tit Quiquin, les pruneaux fourrés l’Agenaise ou Paul Boisson, les bonbons fourrés les vérités de La Palisse, les nougats de la maison Fouque (1er prix au Master Européen de dégustation en 2003 et 2004 pour les nougats noir et blanc de Provence), les chocolats de la maison Bernachon (entreprise familiale lyonnaise qui fait partie des grands noms des artisans chocolatiers)… Cette liste est loin d’être exhaustive. Vous y trouverez même des livres de pâtisserie.


Ne cherchez pas de site internet ou une page Facebook A l’Etoile d’Or car Denise Acabo n’en n’a pas besoin. Cet endroit fait partie de ces derniers lieux incontournables, ambiance et saveurs garantis pour les nostalgiques d’une époque révolue et pour celles et ceux qui aiment  les fortes personnalités!   





Article japonais sur Denise Acabo


A l'Etoile d'Or
30 rue Pierre Fontaine
75009 Paris
Tel: 01 48 74 55 55